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Les enveloppements : évaluation
Les enveloppements : évaluationLe texte qui suite était très attendu. Depuis plusieurs années, Pierre Delion et son équipe proposaient l’étude qui va suivre (même si celle-ci a dû se plier à des oukases que nous connaissons bien). Les lecteurs pourront la diffuser autour d’eux, le plus largement possible. Notons que c’est la première étude argumentée sur la question des enveloppements humides.
Michel Balat
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Stage à la Borde du 14 au 18 mai 2017
Stage à la Borde du 14 au 18 mai 2017
Argument du stage
Accueillir et prendre soin de patients psychotiques au long cours en s’appuyant sur une même équipe au sein d’un établissement psychiatrique semble de moins en moins être la stratégie actuelle de la psychiatrie. Cette politique de santé initiée dans les années 70 par la circulaire sur le secteur a été remise en question depuis une trentaine d’années. Une division administrativoéconomique de plus en plus marquée entre le sanitaire (dont le rôle est réduit au traitement de la crise), le médicosocial ( prise en charge du handicap) et le social ( groupes d’entraide mutuels, familles et pairs aidants) nous oblige à résister pour maintenir une continuité humaine et relationnelle des soins face à ce découpage fortement critiqué par de nombreuses familles qui sont amenées contre leur gré à compenser ce délitement.
Cette nouvelle orientation dans la prise en charge des soins psychiatriques pour les pathologies « lourdes » s’appuie sur un changement de conception de l’homme et de la folie. En effet, aujourd’hui, la psychiatrie redevient une branche de la neurologie où l’organe malade est le cerveau que l’on doit remettre dans un fonctionnement normal à l’aide de molécules et de psycho(neuro)éducation. Le « reste » de cette approche est le handicap que notre société doit accompagner à l’aide du médico-social et du social.
Notre point de vue est différent, nous ne pouvons réduire le délire, les hallucinations, les troubles graves du comportement, les troubles de l’humeur à un dysfonctionnement neurobiologieque de notre cerveau. Nous pensons qu’il y a une intrication très profonde entre la causalité neurobiologique et la causalité psychique et que nos patients ne sont pas à rééduquer mais à accueillir dans leur singularité en tenant compte de leur historial et de leurs entours afin de permettre la reconstruction d’un monde habité et habitable.
Pour cela il faut que les travailleurs puissent s’engager dans les risques psychiques de la rencontre avec ces patients profondément touchés dans leur existence et dans leur capacité d’être avec l’autre. Cet engagement au long cours, ces rencontres transférentielles sont supportables à la condition de pouvoir penser et élaborer des stratégies collectives pour tenir face à des manifestations psychopathologiques parfois très difficiles à supporter et qui nous mettent en difficulté. Comment éviter de se débarrasser de ces patients « qui ne seraient pas adaptés à notre structure de soin » quand les débordements pulsionnels nous épuisent et touchent nos limites. Comment travailler pour sans cesse adapter nos capacités d’accueil et tenir compte de la singularité de chacun de ces patients en souffrance ?
Le club et la responsabilisation concrète des patients dans la vie quotidienne sont une gageure à remettre sans cesse en mouvement pour soutenir une thérapeutique active où le potentiel soignant des patients est pris en compte et opérotropisé.
Des réunions de constellations permettent de penser le cheminement singulier de nos patients et d’accueillir chez les travailleurs les effets psychiques parfois insoutenables de cette souffrance qui prend les formes les plus variées et les plus improbables du fait de cette existence dissociée propre à la psychose.
Sans cesse confrontés au chaos de la psychose nous devons inventer collectivement des praticables en laissant place aux initiatives individuelles, aux bricolages qui trouvent des chemins auxquels nous n’aurions jamais pensé et qui permettent de greffer de l’ouvert dans ces univers clos et stéréotypés.
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Et si Alzheimer(s) et autisme(s) avaient un lien ?
Et si Alzheimer(s) et autisme(s) avaient un lien ?Pierre Delion
Et si Alzheimer(s) et autisme(s) avaient un lien ? Enjeux et perspectives
7ème Colloque sur les âges de la vie. Paris, 6 octobre 2017.
Conditions politiques et éthiques pour une clinique humainePierre Delion
1. Parenté
En 1997, Michel Balat avait organisé avec François Cohadon, Edwige Richer, Jean Oury et moi, un colloque intitulé « Autismes et éveils de coma », dans lequel nous avions évoqué à partir de nos spécialités respectives, la neurologie et la psychiatrie, nos pratiques cliniques et thérapeutiques concernant l’autisme d’une part et l’éveil de coma d’autre part. A l’origine de cette idée, vécue par certains comme provocatrice, la difficulté du rapport des patients autistes et comateux avec le langage articulé dans une parole, et leur éclairage utile par la sémiotique peircienne.
2. Un modèle pour penser l’humanité des soins
Vingt ans après, cette idée revient grâce à Catherine Bergeret Amselek sous une autre forme, celle d’un lien entre la maladie d’Alzheimer et les syndromes autistiques. Certains vous diront qu’il s’agit là du mariage de la carpe et du lapin, que ces pathologies n’ont rien à voir ensemble et qu’il est vain de vouloir les rassembler pour en tirer quoi que ce soit. D’autres prétendront que l’idée est plus proche de la fable d’Esope revue par La Fontaine, le renard et la cigogne et sa célèbre morale : « trompeurs, c’est pour vous que j’écris, attendez vous à la pareille ». Le projet commun de dîner ensemble réunit les protagonistes, mais lorsqu’il faut se mettre à table, les incompatibilités des manières de table apparaissent clairement, et tour à tour, les protagonistes font l’expérience de la disette. Pour ma part, j’y vois le grand intérêt de rapprocher deux pathologies radicalement différentes mais pouvant devenir les modèles d’une déshumanisation de la médecine. En effet, entre 1997 et aujourd’hui, dans le domaine que je connais le moins mal, celui de l’autisme et plus généralement de la pédopsychiatrie, c’est bien le problème qui se pose avec une acuité de plus en plus grande : appliquer à la pédopsychiatrie les règles de la seule médecine scientifique sans plus accorder aucune importance à ses déterminants relationnels, supprimer la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle dans le champ de l’autisme, mettre de plus en plus d’enfants sous psychotropes, fonder l’approche de la pédagogie sur les seuls résultats des neurosciences. Et en ce qui concerne les personnes âgées, les informations entendues cet été à propos des cadences infernales dans les maisons de retraites ne sont pas là pour nous rassurer. Bref, ces deux maladies posent de façon éclatante le problème de l’humanité des soins. (.)
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Journées PSYPROPOS 2017
« Avoir un lieu pour être »
Journées PSYPROPOS 2017
SAMEDI 14 OCTOBRE à BLOIS
Argument
« AVOIR UN LIEU POUR ÊTRE. »
Quand un enfant voit le jour, il n’est pas en mesure de subvenir seul à sa survie. Il rencontre l’absolue nécessité de devoir compter pour quelqu’un : il doit pouvoir être désiré pour traverser l’épreuve de sa néoténie, et devenir désirant après un long processus de séparation-individuation, porté par la fonction phorique maternelle qui l’accueille dans la structure symbolique.
Dès la naissance, il y a cette expérience vécue de la dépendance. Comme le précise Françoise Dastur, la « première expression de l’être n’est ni l’être-objet, ni l’être-sujet », citant Merleau-Ponty qui ajoute « le langage nous a, et ce n’est pas nous qui avons le langage. », distinguant « l’être naturel » de « l’être dont le langage est la maison ».
L’expression française traduisant l’allemand « es gibt », est « il y a ». Ce « y » est le lieu de l’inscription où « être et avoir » trouvent à s’articuler. Mais pour cela, il faut se situer, délimiter « la chair du corps » de la « chair du monde ». Ce processus est celui qui ouvre à la possibilité d’être « en repos de soi-même ». Nous retrouvons cette notion chez Winnicott qui évoque la nécessité d’avoir accès à un « espace de tranquillité » pour générer « la capacité d’être seul ».
Tout au long de l’existence, cet espace du contact primordial qui antécède la séparation sujet-objet est essentiel : base de notre existence, il est lieu de nos inscriptions.
L’ensemble des pratiques sociales concernant les divers champs où il est question d’« humaniser les relations humaines » selon la belle expression de Roland Barthes, parmi lesquels les champ sanitaire, éducatif, psychothérapique, psychanalytique ou pédagogique, doivent intégrer cette dimension.
Elle excède l’économie restreinte au processus de production-consommation et concerne, disait Jean Oury, « l’économie générale » au sens de Georges Bataille, elle prend soin du Narcissisme originaire dont Freud formule l’hypothèse dès 1914.
Sur le plan phénoménologique, Erwin Strauss, Viktor von Weizsäcker ou Henri Maldiney élaborent l’espace pathique où l’homme s’accorde au monde alentour. Sensible à ce qui peut advenir, il s’y sent participer, dans « le lieu sans lieu de l’être perdu ». S’y mouvoir lui permet d’y trouver son horizon comme le danseur dans l’espace de la danse, sa création. L’humanisation de l’homme n’est pas dans son accompagnement par les autres, mais bien dans son cheminement partagé avec eux.
Le site de la création participe de ce moment pathique où monde intérieur et monde alentour sont unis dans le moment d’émergence où se met en œuvre cette présence indistincte à soi-même et au monde.
Winnicott le spécifie comme champ transitionnel : « espace intermédiaire d’expérience, n’appartenant ni à la réalité intérieure ni extérieure et qui se prolonge tout au long de la vie dans l’expérience de l’art, la vie imaginative, la religion et la création scientifique ».
C’est aussi là que s’opère le processus de séparation-délimitation du corps et du monde, dont Lacan a promu l’opérateur logique : le miroir. Le Stade du Miroir permet que s’articulent et se distinguent les registres de l’imaginaire, du symbolique et du réel ; il soutient la structuration du fantasme articulant le sujet de l’inconscient à l’objet du désir, procurant le sentiment continu d’exister indispensable au processus d’historicisation de toute personne. La fonction stabilisante du fantasme permet à chacun de s’éprouver le même, tout au cours de sa vie en croissance, dialectisant le même et l’autre sans risquer d’être confronté au vécu de fin du monde ou de catastrophe existentielle (François Tosquelles) qui peut survenir dans les processus psychotiques.
Être et avoir une image du corps rassemblée par l’assomption structurante de cet idéal imaginaire, requiert la structure d’un lieu où les entours (Jean Oury), le langage, les habitudes, la structure familiale jouent un rôle unifiant l’existence tout au long de la vie.
Pour chacun, de sa naissance à sa mort et durant tout le processus de son éducation, sa socialisation, sa vie affective, son travail, et les diverses mises en formes de son potentiel de création et d’invention, ce lieu demeure actif ouvert à l’accueil et à l’inscription de ce qui fait événement. Quand une thérapeutique est nécessaire, un accueil ouvert à ce site de l’émergence est indispensable, c’est seulement à cette condition que toute reprise d’existence devient possible.
Psypropos étudiera en cette année 2017 cette question du Lieu, ce champ d’expérience vécue qui doit être respecté sans contestation pour « soutenir l’existence en toute circonstance » selon la proposition éthique d’Hélène Chaigneau.
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La psychiatrie humaniste, un concept toujours nouveau ?
Samedi 7 octobre à Blois/ Pierre Delion et Patrick Coupechoux
La psychiatrie humaniste, un concept toujours nouveau ?
Les rendez-vous de l’histoire
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De l’équipe au collectif
SAMEDI 21 OCTOBRE 2017
De l’équipe au collectif
29800 LANDERNEAU
De l’équipe au collectif : un travail d’élaboration nécessaire et permanent
C’est dans un contexte de transition – remaniement interne
à notre secteur mais aussi gouvernemental – qu’il nous est
apparu essentiel de requestionner la notion d’équipe et
l’enjeu de son articulation avec un collectif soignant. La
prescription de pauvreté actuelle, et encore annoncée pour les
services sanitaires et sociaux, doit nous faire réfléchir à
l’utilisation de nos richesses existantes.En psychiatrie, par exemple, l’augmentation du nombre des
patients hospitalisés sous contrainte et la précarisation
croissante des soignants semblent les signes, entre autres,
de changements radicaux dans une société plus craintive et
moins tolérante. Le travail de secteur continue, pour
autant, d’avoir comme mission, les soins mais aussi la
réinsertion sociale et l’accompagnement. Notre travail n’est
pas de conduire à l’enfermement des patients.
Ce qui « soigne » un patient n’est jamais prédéfini. Les
chemins de la rencontre dessinent des ensembles
d’individualités complémentaires. Ceux-ci se construisent
et se déconstruisent au fil des histoires de vie, de l’évolution
des pathologies, de la façon dont les patients se laissent ou
non « apprivoiser » mais aussi de nos idées et de nos
remises en question.Pour être en confiance et accompagner les patients en
dehors des murs de l’hôpital, l’implication de chacun
semble nécessaire. Suffit-elle ? Comment s’organiser pour
que cette implication ne s’essouffle pas et continue de se
travailler au quotidien ? Ne doit-on pas parler plutôt de
« co-responsabilité » ?Des objectifs communs permettent à certains collectifs de se
former. Mais au-delà, c’est peut-être grâce à la capacité de
ses membres à se nourrir intellectuellement et à toujours
veiller à élaborer ensemble une organisation de travail, que
des actions collectives pourront prendre en compte la
singularité de chaque patient. -
Une matinée avec Edwige RICHER
Une matinée avec Edwige RICHERà Canet, le 19 novembre 2016
Canet, le 19 novembre 2016
Une journée avec Edwige RICHER
Le dr Edwige Richer est venue nous présenter la question du coma, de l’éveil de coma et la façon dont elle en a conçu le soin à Château Rauzé, à Cénac, près de Bordeaux.
Travaillant dans le service du Professeur François Cohadon, à l’Hôpital Pellegrin de Bordeaux, neurochirurgien et pionnier en matière d’étude sur le coma depuis les années 70, elle a consacré toute sa vie professionnelle à la mise en place théorico-pratique des soins aux personnes cérébrolésées, dès leur sortie de la réanimation.Michel Balat : Nous avons inauguré la salle où nous sommes en 1997 pour un colloque Autisme et éveil de coma avec Edwige, Pierre Delion, Oury, Cohadon, etc. et nous nous proposons, les 15 et 16 septembre prochain, donc en 2017, de faire « 20 ans après ». Ce n’est pas mal, non ? cela serait bien de voir ce qu’on a foutu en 20 ans ?
Edwige : qu’est ce qu’on fait en maison de retraite ?
Rires….
Michel : Oui…. Pour autant que je sache, les retraités en question ne sont pas très en retrait. Et donc ce premier débat nous a donné l’occasion de faire ensuite « les Journées avec » dans cette même salle, parce que tout le monde était enthousiasmé par l’endroit.
Il faut dire qu’avec Edwige nous avons cheminé pendant 25 ans, depuis 1990…
Edwige : sans interruption…
Michel : Je laisse la parole à Edwige que je remercie vivement d’être venue jusqu’à nous.
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Autisme et éveil de coma, vingt ans après
Le vendredi 15 septembre à Elne, au Mas Flor
Autisme et éveil de coma, vingt ans aprèsLe vendredi 15 septembre 2017 sera organisé une rencontre avec Pierre Delion et Edwige Richer sur un thème que nous avons traité ici il y a 20 ans.
Vous trouverez en pièce jointe le document de présentation avec la partie inscription. Notez que les inscriptions peuvent encore être faites jusqu’au 15 septembre…
Il est plus que probable que nous poursuivions la rencontre le samedi matin.Nous vous remercions par avance et vous souhaitons une excellente fin de vacances d’été avant de nous retrouver.
L’équipe de La TuchêMichel Balat
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