Mercredi 20 : Édito sombre.
Édito sombre.
Cette nuit, j’ai aperçu les regards impatients, tapis dans les nuées mortes. Le visage crispé d’un inconnu allongé dans le noir. En passant devant lui, je me suis imaginé qu’elle aurait été ma vie de l’autre côté, si rien ne s’était passé. Le temps d’un clignement d’œil, un instant entre deux marches. Et si, si je n’étais pas, si je n’avais pas. Je ne me souviens plus de cette rêverie, seul reste le sentiment d’un désachèvement éternel, d’avoir loupé une marche.
Puis j’ai repris ma route, dans l’escalier sombre, jusqu’à la porte de la cour. Mon araignée était toujours là, blottie, veillant sur le jardin. Son poids déformait légèrement sa toile. Ma clef la fit bouger. En refermant la porte, j’ai pensé que jamais je n’aurai dû prendre certains chemins. Il ne faudrait jamais prendre certains chemins.
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