Michel Balat – Psychanalyse – Sémiotique – Eveil de coma

COMMUNIQUE DE PRESSE de la Fédération des Croix Marines

COMMUNIQUE DE PRESSE de la Fédération des Croix Marines

Le 15 juin 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE

PARIS, le 15 JUIN 2009

« Quand la haine ou la faveur de la multitude s’attache à un homme, il faut

examiner pourquoi1… »

Notre collègue et ami, le Professeur Pierre Delion, est l’objet d’attaques personnelles et professionnelles difficiles à

comprendre quand on prend le temps de s’informer sur l’objet de ces attaques et quand on connaît l’homme.

Elles visent à discréditer un programme de recherche scientifique, réglé et validé, concernant une pratique de soins, le

packing, recherche dont l’objectif est de confirmer scientifiquement l’intérêt de son utilisation dans la prise en charge de

l’autisme infantile. Une étude scientique ne préjuge pas de son résultat, ce que font les associations de parents d’enfants

autistes qui ont décidé que cette technique « relevait de la torture2 », qu’elle était pratiquée « sans protocole, sans

évaluation et sans résultat2 » et qu’il fallait y mettre un terme parce que « dénuée de tout respect et de toute dignité2 ».

Sans s’appesantir sur le caractère outrancier du propos, rappelons que le packing s’inscrit dans une longue tradition

médicale3. Cette technique consiste en un enveloppement humide d’environ une heure et exige une grande mobilisation des

équipes pluridisciplinaires qui accompagnent attentivement l’enfant pendant les séances. Elle a pour but de l’aider à

retrouver une image corporelle apaisante en privilégiant ses vécus sensoriels et émotionnels. Le packing entre dans le cadre

d’un projet de soins individualisés défini en accord avec les parents. Il est toujours pratiqué en lien étroit avec la famille de

l’enfant, ce dont les parents confrontés à cette pratique peuvent témoigner. Il n’a jamais lieu quand il est refusé par

l’enfant.

Ce recours thérapeutique n’est jamais utilisé en première intention. Il s’avère très précieux dans des indications précises

(enfants et adolescents autistes les plus gravement malades, ou qui présentent des troubles graves du comportement) pour

soulager des enfants dans des moments de grande détresse où l’intensité des troubles du comportement (hyperactivité,

instabilité grave, agressivité, stéréotypies envahissantes, voire automutilation) ne permet plus d’assurer le soutien d’une

relation et la prise en charge éducative quotidienne. Le packing s’intègre donc à un dispositif qui associe des soins à des

approches éducatives et pédagogiques adaptées.

Paradoxalement, cette démarche thérapeutique n’avait pas donné lieu à une évaluation clinique et c’est tout à l’honneur de

Pierre Delion d’avoir proposé et obtenu un projet de recherche multicentrique dans le cadre des Programmes Hospitaliers

de Recherche Clinique.

Les attaques visant Pierre Delion visent aussi toute une profession dans une optique de « mise en cause des compétences

médicales de la psychiatrie4 » et, plus généralement, de disqualification de la psychiatrie et de la psychanalyse.

Notre mouvement regroupe des professionnels divers, des champs de la psychiatrie et du médico-social, et travaille

régulièrement avec les représentants des familles et des usagers. Il a pu constater, dans d’autres circonstances,

l’enrichissement que s’apportaient mutuellement professionnels, familles et usagers et l’intérêt majeur de définir ensemble

des priorités face aux pouvoirs publics.

Malgré des réponses encore insuffisantes en matière d’équipement pour les personnes autistes, nous constatons que les

progrès réalisés par les recherches fondamentales en matière de génétique et de neurobiologie montrent la complexité du

fonctionnement humain et conduisent à des rapprochements et à des convergences entre cliniciens et chercheurs de toutes

origines. Loin d’opposer un modèle neuronal à celui d’un psychisme complexe5, ou la dimension clinique et

psychopathologique de l’autisme à celle du handicap (le DSM américain, référence de la psychiatrie américaine, inclut les

troubles envahissants du développement et la CIM 10 également, dans la rubrique “Troubles mentaux et du

comportement”), les recherches actuelles montrent la complémentarité des approches diverses et l’importance des soins

psychiques, nécessaires à la prise en compte de l’humain, chez les enfants comme chez leurs parents.

Pour une action coordonnée en faveur des personnes

présentant une souffrance ou un handicap psychiques

dans les champs sanitaire, social et médico-social

Ces attaques, enfin, visent un homme, Pierre Delion, dont l’intégrité professionnelle, le sens éthique, et l’humanité peuvent

difficilement être discutés par quiconque est de bonne foi. « Nous sommes tous des Pierre Delion » ont affirmé certains

psychiatres. Nous dirions plutôt « Nous voudrions tous être des Pierre Delion ». Et avoir ses qualités humanistes, son

profond respect de l’autre souffrant, sa rigueur scientifique, sa compétence dans l’animation des équipes dont il a eu la

charge, sa qualité d’enseignant “maïeutique”, la cohérence qui est la sienne entre sa pratique et son enseignement, son

attachement à la “défense et illustration” de la prise en charge des enfants autistes et de leurs familles.

Tout le monde est aujourd’hui d’accord pour dire que l’autisme, on devrait probablement dire les autismes, est un trouble

neuro-développemental, entrant dans le cadre des troubles envahissants du développement ce qui ne préjuge en rien de son

étiologie qui demeure inconnue, les hypothèses allant des anomalies génétiques aux atteintes infectieuses ou toxiques,

probablement associés à des degrés divers.

Mais l’autisme est une souffrance, pour l’autiste d’abord, pour ses proches ensuite.

La douleur voire la révolte des parents confrontés aux troubles envahissants de leur enfant doit être respectée, y compris

quand elle s’exprime de manière excessive, mais ceci n’autorise personne à dicter leurs choix aux responsables de la

recherche universitaire. L’alliance thérapeutique que prône l’ensemble des dispositifs voulus ces dernières années par les

pouvoirs publics suppose respect mutuel et confiance réciproque. Chacun doit se regarder en conscience, la pratique de la

psychiatrie et de la psychanalyse n’a pas toujours été heureuse en matière d’autisme, toutes les associations de parents

d’autistes ne se reconnaissent pas dans des discours excessifs, et chercher comment concilier au mieux « corps et esprit

humains, inséparables6 ».

Cette nécessaire alliance, chacun doit y participer.

Autistes, dans la mesure de leurs moyens, parents, qui doivent trouver une réponse à leur détresse et aider leur enfant à

progresser autant qu’il lui est possible afin de « garantir l’intégration des personnes autistes en milieu ordinaire ou la

création de places adaptées en milieu spécialisé7 » ; pouvoirs publics, qui doivent éviter toute posture démagogique,

proposer des espaces de médiation et soutenir toute recherche, sans exclusive aucune, qui permettra de faire avancer les

connaissances en matière de troubles envahissants du développement ; les médias, qui doivent aider à la prise de

conscience en ces matières mais aussi informer de manière objective. Les professionnels, enfin, dont le dévouement ne

peut être contesté et qui, quoi qu’il advienne et quel que soit le champ de compétence de leur intervention, demeureront un

maillon indispensable à l’évolution positive des enfants et adultes concernés.

Notes

1 Confucius, Entretien du maître avec ses disciples

2 Association Léa pour Samy

3 On trouvera sur le site de la Fédération une explication plus détaillée de l’origine du packing

4 Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux

5 Mais, quelle que soit la nature du handicap de la personne autiste, le mérite de la psychiatrie et de la psychanalyse aura été de

montrer qu’elle demeure un être de relation, doté d’un inconscient, tout comme ses parents, et que les interactions relationnelles

et identificatoires sont modifiées par le trouble. Et ce même si l’on réduit l’inconscient à ses dimensions cognitives, ce qui n’est

plus le cas des neuro-biologistes, Lionel Naccache considérant même Freud comme le Christophe Colomb des neurosciences.

6 Pierre Delion, Lettre ouverte

7 Autisme France

Contacts presse :

Dr Bernard DURAND

Président

courriel : b.j.durand@free.fr

Tel : 06 85 21 38 79

Dr Patrick ALARY

Vice-Président

Président de la Commission Scientifique

courriel : patrick.alary@orange.fr

Tel : 06 80 21 16 28

Commentaires

3 réponses à « COMMUNIQUE DE PRESSE de la Fédération des Croix Marines »

  1. Avatar de K. Belano
    K. Belano

    Le Professeur Pierre Delion, est l’objet d’attaques personnelles

    Faux, c’est le packing qui est visé, et sa pratique en France.

  2. Avatar de Josiane Thierry
    Josiane Thierry

    L’autisme est une souffrance, pour l’autiste d’abord, pour ses proches ensuite.

    Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer cela ? D’où vient cette certitude ?

  3. Avatar de Jean29
    Jean29

    Les professionnels, enfin, dont le dévouement ne peut être contesté et qui, quoi qu’il advienne et quel que soit le champ de compétence de leur intervention, demeureront un maillon indispensable à l’évolution positive des enfants et adultes concernés.

    Ah bon, le burn out ne peut exister chez les professionnels de l’autisme ?

    S’ils demeureront un « maillon indispensable », cela ne dépend-t-il pas de leur pratique ?

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