Michel Balat – Psychanalyse – Sémiotique – Eveil de coma

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  • « La Logique du Fantasme », séminaire de Lacan

    A paraître

    « La Logique du Fantasme », séminaire de Lacan

    Synthèse des notes du séminaire par Michel Roussan

    Après L’Identification, L’Angoisse, Problèmes cruciaux pour la psychanalyse et L’Objet de la psychanalyse, voici La Logique du fantasme, cinquième séminaire de Lacan transcrit par Michel Roussan. Cette nouvelle fois encore, il s’agit de la meilleure, de la plus fiable des versions que l’on peut se procurer ici et là.

    On pourra s’adresser à Michel Roussan, soit en appelant au 06.20.34.83.92, soit en écrivant à m.roussan@free.fr

  • Les causeries de Canet

    Reprise des Causeries le Lundi 11/09 à 18h15

    Les causeries de Canet

    Lieu : mon cabinet

  • L’événement par Victor Martinez

    L’événement par Victor Martinez

    L’ ÉVÉNEMENT

    Histoire, langue, événement : du Bouchet nous apprend que le poème

    est le lieu d’un événement sans signe. Ce paradoxe tient d’une part à

    l’implication du poème dans le monde sensible, matériel, perceptif, à un

    point blanc d’incandescence tel qu’il devient soudure invisible sans signe

    ni interstice (« dans le blanc dans la flamme 1 ») et, d’autre part, à un

    éloignement de ce monde, reconduit par réfraction à une « matière

    indifférenciée 2 », à une « annulation 3 », à un « volume global 4 » qui le

    retirent de toute implication matérielle (« immatérielle, je dis – la

    terre »). L’engagement rejoint le dégagement, et la langue vibre de la

    tension résultant de l’effort de s’adjoindre une réalité qui s’est annulée :

    une

    contamination matérielle et tonale a soudé le monde à la langue, à tel

    point

    que le monde apparaît comme un manque. « Puissance doit être traduite par

    infirmité 6 » et « la somme blanche 7 » s’établit sur une « 

    soustraction

    ininterrompue 8 ». Si « l’espace /a figuré que je suis 9 »,

    c’est parce qu’il constitue, chez du Bouchet, le nom de l’événement muet au travail.

    « POURQUOI SI CALMES »

    L’événement est immanent et invisible ; c’est dans la tonalité

    contraire,

    « l’oubli » ou le « calme », qu’on peut le transcrire. La tranquillité des

    surfaces est l’autre signe d’une rupture des temps : « déchirure -je vois la

    tragédie dans la fenêtre ouverte -/aussitôt cela ne devient qu’un peu d’air

    frais – mes yeux calmes 10 ». Les surfaces se recomposent, enveloppant

    « l’orage » : « le calme qui précède un orage et le silence qui s’ensuit !

    comme confondus et recomposés dans l’attente 11 ». Le poète revient,

    dans

    Pourquoi si calmes, sur la distinction faite par Henri Maldiney entre

    l’événement et le non-événement. Le philosophe, interrompu lors d’une

    conférence par une sirène, réagit (du Bouchet transcrit) : « un événement,

    au sens strict, conjugue en lui le caractère du soudain et de la première

    fois », « la nouveauté est ressentie à même la transformation de

    l’existence », « ce bruit de sirène constitue un phénomène périodique, il

    prend place dans une représentation mais ne vous atteint pas 12 ». C’est

    pourtant la banalité de l’accident qui permet au poète d’introduire l’idée

    d’événement sans signe, celui, silencieux, qui porte « atteinte à la

    langue 13 », désigné comme « irréparable 14 », « irréversible 15 » « terrible 16 » C’est « la matière de l’effondrement 17 » de toute une

    époque qui prend le visage de « l’inapparent 18 ». Dans la déprise du

    présent produite par l’irruption de la sirène, la circonstance, au sein de

    la banalité et de l’indifférence, s’ouvre à un « entre-temps 19 » dans

    lequel se reconnaît le lieu de la parole : « dans le calme de la parole

    rétablie sera ravivé le temps de la perturbation 20 ». La question posée

    par le philosophe (« Pourquoi si calmes ? ») se retourne en son

    contraire : « la question aura eu valeur aussi bien d’injonction : rappelez-vous… rappelez-vous ce sur quoi, ordinairement, silence est fait

    aussitôt 2l ». La parole au présent de Maldiney, s’arrêtant sur la « 

    banalité »

    du « non-événement », « n’en renvoie pas moins à un autre temps 22 »,

    « temps qui aura aussi été celui d’un déchirement 23 », ce « calme » n’étant

    pas le calme, mais du « temps rompu 24 ». Il faut, écrit du Bouchet,

    « percevoir l’intonation d’une parole qui rétablira un temps comme

    immémorial, égaré 25 » : le « muet » devient indifféremment le « vif 26 »

    Les marqueurs de l’histoire et de l’événement ont, dès les abords de

    l’oeuvre, un autre nom que ceux de l’histoire et de l’événement. Les

    « essais » du tournant des années quatre-vingt-dix, …désaccordée comme

    par de la neige, Pourquoi si calmes, Matière de l’interlocuteur, ne font

    que revenir sur une intuition au départ de l’entrée en langue du poète,

    qu’il s’agisse des carnets ou des premiers grands titres, de Dans la

    chaleur vacante à L’incohérence. Lorsque les rapports du signe au sens

    sont

    défaits ou annulés, il est possible de voir ce qui soutient l’ensemble du

    langage. Alain Badiou constate que « s’il existe un événement, son

    appartenance à la situation de son site est indécidable du point de vue de la

    situation même 27 ». L’événement, « imprésentable » (Badiou) du point

    de vue de la représentation, agit, non dans la sémantique ou la

    thématique de l’oeuvre, mais à titre d’opération structurante, dans les

    substrats matériels et les phénomènes tensionnels de la langue, la syntaxe

    ou

    les rapports de lettre à lettre. Au sein de Dans la chaleur vacante s’établit

    ainsi une opération structurante traversant les signes, dans le « moteur

    blanc 28 » de leur fonctionnement silencieux. Si l’événement est

    réellement un marqueur de réalité, il ne peut que disparaître de la saisie du signe.

    On note ailleurs que « présence n’a pas de place 29 », que « manque : /1e

    monde 30 » ou que si « tu es là, tu manques 31 » Le blanc figure

    « l’infigurable » de cet attachement à un « monde sans figure 32 » ou sans

    image. L’événement se « dessine » en défaut, dans la vacance d’un « vide 33

     »,

    dans une parole qui « réserve les vides sur lesquels le temps accueilli se

    prononce 34 ». La thématique élémentaire, le travail du matériau verbal et

    le

    fonctionnement des valeurs sémantiques, y compris dans l’exercice de

    traduction, sont affectés par cette donnée initiale.

    Documents joints

  • Jean Oury, Séminaire de La Borde du 21 avril 1990

    Jean Oury, Séminaire de La Borde du 21 avril 1990

    Je voyais un homme tout à l’heure, en consultation, « bloqué » depuis des années. Il était venu il y a un an. Il était resté une journée ici, mais était vite reparti ; ça lui avait fait peur. Moi-même, je lui avais fait peur ! Pour lui, j’étais « une tête pensante », tandis que lui se figurait n’avoir pas de « tête » du tout, que rien ne s’inscrivait. Un fond ni mélancolique, ni vraiment dépressif, mais plein d’arrière-mondes qu’il ne pouvait pas dire. Il voulait que je lui affirme qu’il était détérioré, à force d’avoir bu. Il disait que son père aussi avait été un soulot, un « pauvre type ».

    Je feuilletais une revue ces jours-ci – il en arrive des paquets chaque jour ! – « Ca y est, on a trouvé dans le chromosome machin deux gènes… L’alcoolisme est héréditaire, etc. ». Ca peut justifier qu’il n’est pas nécessaire d’avoir de position « morale » avec les alcooliques : c’est héréditaire. Quand même ! Dans un sens, c’est vrai, il ne faut pas avoir de position « morale », car ça augmente la culpabilité et ça devient horrible. Mais que ce soit justifié par le fait que le chromo¬some s’est tordu et que ça se transmet depuis Vercingétorix ! Non ! Remarquez que Vercingétorix devait boire de l’hydromel.

    Alors, ce type-là, il a pu me dire, au bout d’un certain temps, d’un quart d’heure (je suis pressé, tout le temps), des trucs qui n’avaient pas pu émerger, mais qui n’étaient pas vraiment « refoulés »… Il les avait là, sur la patate. On peut dire qu’il n’avait pas d’inconscient ; il avait une patate, qui commençait à pourrir. En venant, il a fait la gueule à sa femme dans la voiture et lui a dit : « Tu ne rentreras pas au bureau, ce coup-ci ! ». Il avait pris cette décision héroïque. Comme il est quand même un peu primitif d’allure, je me suis demandé : « Pourquoi lui a t’il dit ça ? Pauvre bonne femme ! ». Mais il avait raison. Après, il s’est détendu. Au bout de vingt minutes, il m’a dit : « eh bien, je me sens mieux d’avoir dit tout ça ». Il faut dire que lui, comme « paroxysmal », il s’y entend. On pourrait dire « hy+ », mais pas toujours ; ses passages à l’acte peuvent être extérieurs ou intérieurs ; mais toujours limite, dangereux. Puis il m’a dit : « Eh bien, j’ai moins peur »… Il était content et je lui ai dit : « Il faudra que je vous revois » – « Quand vous voulez ! Et tout seul ! » – D’ailleurs, il a ajouté : « Je suis tombé sur une bonne-femme qui est drôlement bien ! Elle est patiente ! ».

    (…)

  • Theory and Play Of The Duende

    Frederico Garcia Lorca

    Theory and Play Of The Duende

    Translated by A. S. Kline 2007 All Rights Reserved. This work may be freely reproduced, stored, and transmitted, electronically or otherwise, for any non-commercial purpose.

    Ladies and Gentlemen,

    Between 1918 when I entered the Residencia de Estudiantes in Madrid, and 1928 when I left, having completed my study of Philosophy and Letters, I listened to around a thousand lectures, in that elegant salon where the old Spanish aristocracy went to do penance for its frivolity on French beaches.

    Longing for air and sunlight, I was so bored I used to feel as though I was covered in fine ash, on the point of changing into peppery sneezes.

    So, no, I don’t want that terrible blowfly of boredom to enter this room, threading all your heads together on the slender necklace of sleep, and setting a tiny cluster of sharp needles in your, my listeners’, eyes.

    In a simple way, in the register that, in my poetic voice, holds neither the gleams of wood, nor the angles of hemlock, nor those sheep that suddenly become knives of irony, I want to see if I can give you a simple lesson on the buried spirit of saddened Spain.

    Whoever travels the bull’s hide that stretches between the Júcar, Guadalfeo, Sil and Pisuerga rivers (not to mention the tributaries that meet those waves, the colour of a lion’s mane, that stir the Plata) frequently hears people say : ‘This has much duende’. Manuel Torre, great artist of the Andalusian people, said to someone who sang for him : ‘You have a voice, you understand style, but you’ll never ever succeed because you have no duende.’

    (…)

  • Psychanalyse et Sémiotique : inscription de fortune et fortune de l’inscription

    Michel Balat

    Psychanalyse et Sémiotique : inscription de fortune et fortune de l’inscription

    Centre d’études du vivant Séminaire « La psychanalyse travaillée par les extériorités »

    Centre d’études du vivant

    Séminaire « La psychanalyse travaillée par les extériorités »

    http://centredetudesduvivant.net/?page id=905

    Vendredi 18 janvier 2013

    Michel Balat

    « Psychanalyse et Sémiotique : inscription de fortune et fortune de l’inscription ».

    (Samuel Liévain)

    Tout d’abord, bienvenue à tous pour cette première séance du séminaire intitulé « La psychanalyse travaillée par les extériorités ». Nous sommes très heureux d’accueillir Michel Balat qui vient de loin, de Canet-Plage, à côté de Perpignan.

    Je vais commencer par présenter l’objet du séminaire, ensuite je donnerai la parole à Michel Balat. Et puis, s’ensuivra une discussion, un débat autour de l’intervention de Michel Balat.

    Tout d’abord, on a prévu dans ce séminaire d’inviter — puisqu’il s’agit de la psychanalyse travaillée par les extériorités — des personnes « extérieures » à la psychanalyse qui, au moyen d’un autre discours viennent l’interroger, la mettre en question, la mettre en tension. Ce qui évidemment constitue une sacrée bizarrerie puisque Michel Balat est psychanalyste. D’emblée, la question de l’extériorité se constitue comme un problème : Est-ce que finalement il y a une stricte « intériorité » de la psychanalyse ? Est-ce qu’il y a un domicile, est-ce que la psychanalyse peut-être domiciliée, voire domestiquée… ? Évidemment, nous faisons l’hypothèse que si la psychanalyse peut se « tenir debout », s’instituer — on reviendra sur cette notion d’institution — c’est parce qu’elle se sert, s’adosse à d’autres discours.

    L’enjeu de ce séminaire c’est d’interroger d’abord un fait, un fait assez massif, puisque la psychanalyse a surgi et s’est développée en empruntant des pierres à des champs extérieurs, nombreux et variés : l’anthropologie, la biologie, l’économie, la grammaire, l’histoire, la linguistique, les mathématiques, la médecine, la philosophie, la physique, la sémiotique, … la sociologie, les sciences politiques, et même la théologie.

    (…)

  • Sign-Body (extraits des Collected Papers de Peirce)

    Sign-Body (extraits des Collected Papers de Peirce)

    Sign-Body CP de Peirce

    1.537. Now in genuine Thirdness, the first, the second, and the third are all three of the nature of thirds, or thought, while in respect to one another they are first, second, and third. The first is thought in its capacity as mere possibility ; that is, mere mind capable of thinking, or a mere vague idea. The second is thought playing the role of a Secondness, or event. That is, it is of the general nature of experience or information. The third is thought in its role as governing Secondness. It brings the information into the mind, or determines the idea and gives it body. It is informing thought, or cognition. But take away the psychological or accidental human element, and in this genuine Thirdness we see the operation of a sign.

    5. 290. Thus, we have in thought three elements : first, the representative function which makes it a representation ; second, the pure denotative application, or real connection, which brings one thought into relation with another ; and third, the material quality, or how it feels, which gives thought its quality.†P1

    5.291. That a sensation is not necessarily an intuition, or first impression of sense, is very evident in the case of the sense of beauty ; and has been shown [in 222], in the case of sound. When the sensation beautiful is determined by previous cognitions, it always arises as a predicate ; that is, we think that something is beautiful. Whenever a sensation thus arises in consequence of others, induction shows that those others are more or less complicated. Thus, the sensation of a particular kind of sound arises in consequence of impressions upon the various nerves of the ear being combined in a particular way, and following one another with a certain rapidity. A sensation of color depends upon impressions upon the eye following one another in a regular manner, and with a certain rapidity. The sensation of beauty arises upon a manifold of other impressions. And this will be found to hold good in all cases. Secondly, all these sensations are in themselves simple, or more so than the sensations which give rise to them. Accordingly, a sensation is a simple predicate taken in place of a complex predicate ; in other words, it fulfills the function of an hypothesis. But the general principle that every thing to which such and such a sensation belongs, has such and such a complicated series of predicates, is not one determined by reason (as we have seen), but is of an arbitrary nature. Hence, the class of hypothetic inferences which the arising of a sensation resembles, is that of reasoning from definition to definitum, in which the major premiss is of an arbitrary nature. Only in this mode of reasoning, this premiss is determined by the conventions of language, and expresses the occasion upon which a word is to be used ; and in the formation of a sensation, it is determined by the constitution of our nature, and expresses the occasions upon which sensation, or a natural mental sign, arises. Thus, the sensation, so far as it represents something, is determined, according to a logical law, by previous cognitions ; that is to say, these cognitions determine that there shall be a sensation. But so far as the sensation is a mere feeling of a particular sort, it is determined only by an inexplicable, occult power ; and so far, it is not a representation, but only the material quality of a representation. For just as in reasoning from definition to definitum, it is indifferent to the logician how the defined word shall sound, or how many letters it shall contain, so in the case of this constitutional word, it is not determined by an inward law how it shall feel in itself. A feeling, therefore, as a feeling, is merely the material quality of a mental sign.

  • Plaidoyer pour une formation des infirmiers en psychiatrie et en santé mentale

    Plaidoyer pour une formation des infirmiers en psychiatrie et en santé mentale

    par Jean-Paul Abribat, Jean-Yves Casaux et Eliane Mercier

    Plaidoyer pour une formation des infirmiers en psychiatrie et en santé mentale

    Initiative de Jean-Paul Abribat, Jean-Yves Casaux et Eliane Mercier.

    Quoi qu’on pense de la réforme des études, des exigences demeurent quant à la compétence requise pour travailler auprès de personnes nécessitant des soins relevant de la santé mentale. Et ces exigences concernent la formation initiale des infirmiers, sans préjuger d’une nécessité d’approfondir ces orientations dans le cadre d’une formation continue.

    La formation initiale actuelle pose la psychiatrie comme un apport optionnel ; elle élude donc, d’entrée, qu’il s’agit de mettre au centre le fait psychiatrique dans toutes ses dimensions. Il s’agit de comprendre que ce fait est saisissable d’abord dans le champ des soignants : au niveau du quotidien, du journalier, du banal et du bénin de leur travail.

    Depuis la circulaire du 15 mars 1960, la pratique infirmière a largement participé à la politique de secteur, notamment pour réduire les effets iatrogènes de l’hospitalocentrisme. Actuellement, le volontarisme affiché en matière de modernisation du dispositif de soins en santé mentale trouve une traduction très claire dans les orientations de la circulaire du 14 mars 1990. C’est le centre médico-psychologique qui est le pivot du dispositif d’un secteur. Ces orientations délimitent le cadre des évolutions concernant le champ professionnel infirmier. Leur traduction dans le réel suppose que le personnel soignant, en particulier les infirmiers, en soit l’artisan au quotidien notamment pour :

    participer à la diversification des pôles d’activités sans que cette diversification entraîne cloisonnement et étanchéité pour les patients comme pour le personnel ;

    garantir la continuité des soins en assurant la permanence et la cohérence des prestations dans la double dimension d’un accompagnement clinique et social, respectant la spécificité de l’un et de l’autre et visant à les articuler.

    Relativement aux contenus de formation, une formation en soins psychiatriques ne peut faire l’impasse sur sa position épistémologique à propos de la maladie mentale et du statut du Sujet. Ceci veut dire : – que l’abord du symptôme doit être envisagé dans la spécificité qu’il a dans le champ psychiatrique ; – que l’abord de la situation de soins ne peut se faire sans son appréhension dans le champ social qui détermine, d’une certaine manière, le soignant et le soigné comme des acteurs sociaux.

    Relativement aux démarches formatives, il faut que la formation prenne en compte et indue dans son processus la question des obstacles à l’appropriation des connaissances et au changement.

    1.Eugène Enriquez- la Formation permanente. préface. Encyclopedie du savoir moderne. 1975. p. 16. D’où une logique pédagogique qu’il ne faut centrer ni sur l’objet de connaissance en soi ni sur la seule affectivité du sujet, mais bien -sur des situations concrètes mettant en œuvre l’individu réel, avec son inconscient, ses projets, ses attaches sociales, son statut, son rapport aux autres, au groupe et à son travail, ainsi qu’en témoigne Eugène Enriquez.(1) D’où, les réquisits essentiels suivants.

    (….)

  • Ce qui s’est appelé psychiatrie en France

    Ce qui s’est appelé psychiatrie en France

    par Jean Pierre Rumen

    Je viens de retrouver, en fouillant dans mes archives, ce texte dont l’envoi était ainsi formulé :

    « Bonjour Monsieur. J’étais au colloque de Blois du 28.02.2008 et j’ai eu grand plaisir à vous écouter. J’ai pensé que nos préoccupations étaient proches et je me permets de vous adresser un article récent qui, j’espère, retiendra votre attention. Croyez à mes sentiments bien cordiaux. JPR »

    Le voici, tel qu’il m’a été remis.

    M. B.

    Ce qui s’est appelé psychiatrie en France après les quatre décennies qui ont suivi la défaite de l’hitlérisme et qui a marqué une considérable avancée de la civilisation n’est désormais plus possible. L’œuvre de destruction aura été incomparablement plus efficace, plus rapide que la construction. Pas tout à fait achevée, on s’emploie à la parfaire en ridiculisant jusqu’à l’idée de possibilité de modification mentale, de travail de la parole : alors fleurissent d’innombrables méthodes psychothérapiques, toutes éradicatrices de symptôme, d’innombrables « psys » qui, bien entendu réclament la garantie de l’Etat. La « délégation » à des « auxiliaires médicaux » est au demeurant la politique officielle de l’Europe en la matière. Alors se multiplient les attaques contre la psychanalyse au nom de la science mais contre la neurobiologie elle même qui a démontré que le tissu cérébral se modifiait, même macroscopiquement sous l’effet de l’activité mentale, n’en déplaise aux tenants du tout génétique !

    Le service public de psychiatrie fut longtemps une fierté pour notre pays. Il était en grande partie le fruit de la Résistance et de la révolte devant les conditions faites aux malades mentaux et leur extermination. On venait de tous les coins du monde pour se former. Les services de psychiatrie (même et peut-être surtout non universitaires) accueillaient de nombreux stagiaires étrangers. L’expérience du treizième arrondissement de Paris était exemplaire. Cette époque d’après guerre a bénéficié, il est vrai, de la collaboration d’une exceptionnelle qualité entre médecins et fonctionnaires de responsabilité du Ministère et des Directions. La Commission des Maladies Mentales se réunissait et travaillait de façon positive. C’était l’époque où l’on pouvait entendre un directeur d’hôpital (ancienne manière), dire qu’il considérait que son rôle était de permettre à « ses » médecins de travailler… Un peu plus tard il aurait appris à l’Ecole Nationale de Santé à considérer qu’il était « le seul maître à l’hôpital » !

    (…)

  • AMPI 2017 XXXI èmes Journées de Psychothérapie Institutionnelle

    Psychopathologie des soins quotidiens Une boussole pour soignant désorienté

    AMPI 2017 XXXI èmes Journées de Psychothérapie Institutionnelle

    Jeudi 12 & Vendredi 13 OCTOBRE 2017 à MARSEILLE

    Psychopathologie des soins quotidiens

    Une boussole pour soignant désorienté

    Le partage de la vie quotidienne avec les personnes psychotiques est l’occasion de nombreuses interrogations, que ce soit en institutions

    sanitaires, médico-sociales, en prison, dans la rue …

    Le quotidien est fait de situations où la banalité apparente est le support

    de questions existentielles auxquelles il est bien difficile de répondre dans

    l’instant, l’octroi d’une cigarette revêtant la même importance qu’une

    réponse sur le devenir après la mort ou la réalité d’un complot persécuteur.

    L’interlocuteur désemparé va alors se réfugier derrière son statut, le

    règlement intérieur, tout protocole bienvenu, la loi … pour ne pas « répondre », évitant ainsi la difficulté, mais aussi une possibilité de rencontre, se privant d’une occasion de transfert.

    Transformer cette vie quotidienne en outil de soin est bien plus constructif

    et dynamisant. La vie quotidienne comme source inépuisable de messages adressés, comme possible lieu de rencontre, comme chemin vers l’autre, comme facteur de changement. Cet engagement dans l’aventure relationnelle s’appuiera sur un collectif à construire, une formation initiale et continue centrée sur la psychopathologie, les sciences humaines, sur une analyse permanente du dispositif institué et des processus instituants et créatifs … outils travaillés par le mouvement de psychothérapie institutionnelle.

    Cette lecture psychopathologique du soin quotidien pourra ainsi constituer

    une boussole, un repère pour toute personne ayant une fonction soignante.

    Venez participer à la construction de cette boussole lors des journées de

    l’AMPI, mais attention c’est un objet rare : Ne la perdez pas !